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« L’indice de résilience Covid est une réponse à la crise »

« L’indice de résilience Covid est une réponse à la crise »

Alors que la reprise est en cours pour de nombreux secteurs économiques, les attentes des entreprises sont croissantes vis-à-vis de solutions pouvant leur permettre d’assurer la pérennité de leurs activités. Rencontre avec Martine Bénier, Alain Luminel et Max Jammot, architectes de l’indice de résilience Covid d’Ellisphere.

Pour faire face aux nombreux impacts de la crise, les entreprises ont plus que jamais besoin d’outil pour les aider à sécuriser leurs relations d’affaires. Pour répondre à ces enjeux, les équipes d’Ellisphere ont travaillé sur un nouvel indice à destination des entreprises, pour mesurer de manière précise, les effets de la crise sur les acteurs économiques : l’indice de résilience Covid.

Alain Luminel
Responsable du pôle expertise financière 
Martine Bénier

Directrice adjointe de la production

Max Jammot

Responsable du pôle économique

 

Comment est né l’indice de résilience Ellisphere ?

Alain Luminel : Le contexte dans lequel nous vivons actuellement ne ressemble à aucun autre, et nous interroge à plusieurs titres. Personnellement, mes craintes se sont surtout focalisées sur l’impact économique de cette crise. Si la bienveillance a été le maître mot des premières semaines d’arrêt des activités, grâce notamment aux dispositifs mis en place par l’état, notre expérience et l’antériorité de nos analyses nous poussent à imaginer un avenir plutôt sombre pour l’économie.

 

Max Jammot : Notre réflexion a pris en compte différents historiques, dont celui de la crise économique de 2008 ; sachant que la crise actuelle est sanitaire avec bien d’autres incidences.
Nous nous sommes aperçus que les nombreuses analyses de l’impact de la crise qui ont cours, traitent avant tout, de tendances au sein des principaux secteurs d’activité, sans pour autant entrer réellement dans le détail. Il nous a donc semblé intéressant et différenciant de traiter l’ensemble des filières, en incorporant ainsi les sous-secteurs, les activités NAF afin d’analyser plus finement les incidences directes sur l’ensemble des acteurs.

 

Martine Bénier : En partant de ce constat, nous avons souhaité réfléchir à des indicateurs capables d’anticiper les effets de cette crise sur les acteurs économiques. De nombreuses questions se sont alors posées. Notre volonté a été de poser une analyse juste et précise des données à notre disposition, et de ne pas nous placer dans une approche spéculative.

 

A.L. : Cette crise risque de durer. Après 2009, première année de récession comptable depuis 1945, nous avons assisté à une remontée sans discontinue des procédures collectives jusqu’en 2015. La France a mis 5 ans pour s’en remettre. 

Si le score de probabilité de défaillance d’Ellisphere est un bon point de repère sur la santé économique d’une entreprise, il n’en demeure pas moins que ce type d’événement reste imprévisible pour les algorithmes. Nous avons donc créé un indicateur de risque de crédit complémentaire à notre score de probabilité de défaut.

 

M.B.: Il est à ce jour impossible de prédire avec exactitude les impacts de cette crise économique, dont nous ne ressentons que les prémices. Aujourd’hui, l’économie est sous perfusion, de fait, les prévisions sur les défaillances 2020, annoncées de l’ordre de + 25 % à 30 % sont à fiabiliser. Voilà pourquoi, il nous a semblé intéressant de travailler sur des mesures de données économiques en « temps réel », au plus proche de la réalité que vivent actuellement les entreprises.

 

Comment l’indice a-t-il été construit ?

M.B. : Notre indice de résilience permet de déterminer comment une entreprise va être en capacité d’avoir une activité « normale » et de mesurer le risque de crédit associé.

Avec celui-ci, nous souhaitons apporter à nos clients une réponse spécifique et adaptée dans ce contexte plus qu’inédit, et les accompagner au mieux dans les défis qui les attendent demain.

Nous avons considéré deux indicateurs majeurs : le premier, financier classe l’entreprise selon sa capacité à absorber le risque de liquidité. Le second, sectoriel, a été construit grâce à nos travaux de veille réglementaire et économique.

Actuellement, ces deux types de veille se juxtaposent fréquemment. Pour exemple : des annonces de prêts accordés à de grandes sociétés, exerçant dans des secteurs d’activité fortement impactés, font l’objet d’arrêté publié au JO (Journal officiel).

Ellisphere a la chance de disposer d’équipes dédiées à cette veille qui ont redoublé d’efforts pour collecter, structurer et fiabiliser la collecte de ces données, ceci dans un contexte de publications massives d’informations. Notre indicateur sectoriel, construit sur cette analyse structurée et granulaire, catégorise la sensibilité de l’activité de la sous-classe NAF (code APE) à laquelle l’entreprise est rattachée.

 

A.L. : Pour déterminer notre indicateur financier, nous sommes partis d’un postulat simple en nous posant une question : comment les entreprises sont-elles rentrées dans la crise ? Avec solidité, avec des éléments de fragilité, ou en grandes difficultés. Pour répondre à cette interrogation, nous avons amorcé un travail et défini deux types de population d’entreprises. Nous avons exclu les entreprises dont le chiffre d’affaires excédait 250 millions d’euros, car par expérience, elles seront moins impactées par la crise, et les entreprises faisant l’objet d’une procédure collective.

La première grande population sur laquelle nous nous sommes attardés est celle des sociétés disposant de bilans récents.

Nous nous sommes focalisés sur 2 ratios en nous reposant sur le principe des deux jambes.

Pour être en bonne santé financière, une entreprise doit reposer sur deux jambes solides. La première jambe est liée à son exploitation et à son niveau de cash, traduit à travers la marge brute d’exploitation. Nous avons « capé » le seuil acceptable du ratio EBE/CA en fonction de l’intensité capitalistique de l’entreprise.

La deuxième jambe, le recours de l’entreprise en cas de marge insuffisante, est celle liée à la liquidité de son bilan. Nous avons créé un ratio spécifique de liquidité, le ratio de Liquidité Réduite d’Exploitation (LRE), plus fin que les ratios de liquidité existants, car il traduit véritablement le véritable actif et passif à la fois disponible et exigible au niveau de l’exploitation pure.

La deuxième population est celle des entreprises sur lesquelles nous manquons de visibilité soit parce que nous n’avons pas de bilans ou dont le bilan est trop ancien. Là, l’évolution sectorielle que nous suivons au plus près revêt toute son importance.

 

M.J. : Parallèlement à la création de l’indice de résilience, le pôle économique d’Ellisphere a travaillé sur des indicateurs sectoriels afin d’analyser au mieux l’impact de la crise COVID-19 sur les secteurs d’activité. En ayant une vision globale sur une filière, on constate assez rapidement des disparités qui doivent être absolument prises en compte dans l’analyse.

En effet, un secteur d’activité impacté par la crise actuelle sera vraisemblablement accrédité d’un indice 2 « sensible » ou 3 « critique ». Pour autant, un sous-secteur, une activité NAF, pourra très bien performer, voire surperformer malgré le contexte difficile. Les composantes sont vraiment multiples.

C’est en respectant cette démarche que nous en sommes arrivés à mettre en place des indicateurs extrêmement précis et analysés en temps réel. Notre méthodologie a été élaborée sur la base de la nomenclature INSEE, avec exclusion de quelques activités « non applicables » afin de créer notre liste de référence Ellisphere, avec différents indices de sensibilité à la crise sanitaire actuelle.

 

A.L. : Grâce à ces indicateurs, financiers et sectoriels, nous avons ensuite pu mettre en place une matrice de trans-codification pour calculer l’indice de résilience d’une entreprise. Il nous permet de disposer de données fiables et actualisées sur la situation que vivent actuellement les acteurs économiques.

 

Comment les dispositifs d’aides mis en place par le gouvernement ont été pris en compte dans le calcul de l’indice de résilience ?

M.B.: Les dispositifs d’aide mis en place par le gouvernement sont très larges et touchent tous les secteurs d’activité et toutes les tailles d’entreprise. À ce stade, ce sont plus de 110 milliards d’euros qui ont été distribués à travers le fonds de solidarité, les crédits d’impôt, le chômage partiel, les exonérations ou reports de charges, outre la massive dotation de 300 milliards d’euros des PGE (Prêts Garantis par l’État)… Ces données ont été prises en compte dans le calcul de l’indice de résilience.

 

Comment cet indice va-t-il durer dans le temps ?

M.J. : C’est justement tout l’enjeu de cet indice et du travail que nous avons réalisé avec nos équipes. En effet, l’objectif principal est d’analyser l’impact de la crise sur les entreprises de manière très fine, mais également sur la durée. Nous n’avons pas réellement de visibilité sur les prochains mois, mais nous pouvons néanmoins tenter d’estimer les impacts et de nous projeter. Certains secteurs sont toujours à l’arrêt, d’autres en reprise partielle… Nous devons également prendre en compte dans notre analyse les différentes aides de l’État aux secteurs en grande difficulté… Conservons également à l’esprit qu’un reconfinement fait toujours partie des scénarios envisageables.

 

A.L. : Il y a une nécessité absolue : coller à la réalité avec cet indice. Les entreprises attendent de nous une acuité dans les informations que nous allons leur transmettre. C’est le défi qui s’est posé à nous et qui va continuer de se poser dans les prochains mois. Cela nous pousse à poursuivre la réflexion toujours plus loin pour cerner au mieux les enjeux économiques qui nous attendent.

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