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Entretien avec Eric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, pour dresser le bilan économique de 2018 et annoncer les prévisions pour 2019.

Comment décririez-vous la situation économique mondiale actuelle ? Quels sont les événements marquants de 2018 à retenir ?

Au niveau mondial, il y a de nombreux points de vigilance et d’incertitude. Beaucoup de pays émergents viennent de sortir de la récession et sont encore dans des climats de tension politique. Aux Etats-Unis, la fin de cycle est proche, le pays a lancé une guerre commerciale avec la Chine et peut-être bientôt avec l’Europe….où la situation de l’Italie a ranimé la question de son exclusion de la zone euro (non-conformité de son budget), ce qui n’est pas sans danger pour la stabilité de l’Union Européenne. Enfin, le Brexit impactant bien sûr le Royaume-Uni mais également tous ses partenaires.

Quelles sont vos prévisions en ce début d’année 2019 ?

Aujourd’hui et de façon globale, nous sommes dans une situation de ralentissement économique (par rapport à fin 2017), mais ce n’est pas catastrophique car la croissance mondiale avoisine les 3%

Nos scénarios intègrent une vision positive des incertitudes précédemment évoquées : le « hard Brexit » n’aura pas lieu, la crise italienne va s’estomper, les tensions entre les Etats-Unis et la Chine vont s’apaiser… Compte tenu de ces éléments, les prévisions visent une croissance légèrement au-dessus de 3% en 2019. Cela est moins bien qu’avant la crise économique où les taux avoisinaient les 4% mais cela reste satisfaisant.

Le chômage a sensiblement reculé en France au quatrième trimestre 2018, l’emploi va-t-il connaître une embellie en 2019 ?

Avec environ 100 000 créations d’emplois, 2019 ne devrait pas être la meilleure année ; inférieure à 2017 mais à peu près égale à 2018. Il faut dire que le marché de l’emploi ne sera plus boosté par les politiques spécifiques comme par exemple le CICE, le pacte de responsabilité, les primes à l’embauche… Avec 100 000 créations d’emplois et une population active qui augmente de 80 000 personnes, le chômage devrait donc baisser sensiblement.

A moins de deux mois du Brexit, quelles seront les répercussions sur la France et l’Union Européenne ?

Même s’il est difficile d’imaginer qu’un accord soit trouvé d’ici le 29 mars, j’ai personnellement beaucoup de mal à croire au scénario de « hard Brexit ». Entrevoyant les conséquences désastreuses d’un « no deal », je ne vois pas comment nous pourrions en arriver à ce stade. Le plus probable est que la date du 29 mars sera décalée. Dans cette hypothèse reposant sur un climat de totale incertitude, les effets négatifs toucheraient principalement le Royaume Uni. A court terme, le pays pourrait perdre 1,5 % de croissance et à moyen terme, entre 4 et 6%. Par ricochet, la France serait bien entendu impactée, mais pourrait indirectement en bénéficier.

Selon vous, le mouvement des Gilets Jaunes va-t-il avoir un réel impact sur l’économie française ?

Il y a forcément des répercussions négatives de ce mouvement sur les activités économiques. La question est de savoir si nous pouvons les mesurer.

L’impact hors de nos frontières, à savoir l’image de la France qui se dégrade et qui perd en attractivité…. Si pour l’heure les investisseurs ne semblent pas bouder l’hexagone, les activités touristiques apparaissent légèrement plus impactées.

Autre exemple avec la distribution. De nombreux commerces ont été touchés de plein fouet par les dégradations, les fermetures, ou tout simplement le contexte anxiogène. Maintenant, une partie des consommateurs s’est probablement reportée sur les achats en ligne, ou dans les magasins en périphérie des centres villes. Sans oublier que le ralentissement de la consommation profite souvent à l’épargne. D’un point de vu macro, cela n’a donc pas une énorme incidence. L’INSEE a évalué l’impact de cette crise à 0,1 ou 0,2 % de perte de PIB pour 2018.

Pour 2019 ? Il est aussi possible que la consommation qui n’a pas été faite fin 2018, début 2019, soit reportée plus tard dans l’année, sans incidence notable in fine sur le PIB. Les réponses du gouvernement à la crise des Gilets jaunes, avec par exemple le déblocage des 10 milliards d’euros, pourrait soutenir directement le pouvoir d’achat des ménages.

Eric Heyer est directeur du département Analyse et Prévision de l’OFCE, enseignant à SciencesPo Paris, et membre du Haut Conseil des Finances Publiques

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