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Dans le cadre de son étude sur les femmes dirigeantes en 2017, Ellisphere recueille les propos et analyses de sa directrice générale Valérie Attia.

Pensez-vous que l’accès à des postes à responsabilités dans une entreprise reste difficile pour les femmes, plus particulièrement en tant que dirigeantes ? Vous-même, avez-vous rencontré des difficultés ?

Je ne pense pas qu’il existe de difficulté particulière du fait d’être une femme. Je n’ai, personnellement, pas rencontré d’entrave. Je pense que tout est question de posture et d’opportunités. Je n’ai jamais, au cours de ma vie professionnelle, ressenti la limitation de ma carrière future du fait de mon genre.

Il m’est parfois arrivé d’être confrontée à des attitudes inappropriées de la part d’homologues masculins. Dans ces situations, si j’ai toujours réagi, j’ai en revanche systématiquement conservé  un comportement professionnel. J’ai toujours pris le risque de dire les choses et je ne me suis jamais effacée face à un potentiel « pouvoir masculin ».

Je pense toutefois qu’il ne s’agit pas d’une question de genre : c’est une question de respect, d’écoute et d’empathie. Particulièrement le respect, à fortiori dans le monde professionnel, est indispensable. J’ajouterais qu’il est nécessaire de ne pas prêter de procès d’intention vis-à-vis de ses collègues, ne pas analyser leurs dires, leurs réactions ou leurs attitudes en fonction du seul paramètre du genre.

Pour conclure, je constate une différence générationnelle entre les managers des années 90 / 2 000 et les managers actuels. Nous observons une réelle transformation du rapport à la femme au travail et de ce fait, je pense qu’il est plus facile de faire carrière aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

À contrario, existe-t-il des avantages spécifiques liés au fait d’être d’une femme ?

Non. Il s’agit véritablement d’une question de posture, de compétences et de prises de position indépendantes du genre.

Je pense aussi que l’éducation joue un rôle prépondérant sur l’attitude professionnelle de chacun, je ne suis pas la première à le dire : des thèses entières reposent sur cette thématique. De façon implicite, les hommes et les femmes ne sont traditionnellement pas éduqués de la même manière, même si ce phénomène tend à changer. D’où l’importance pour les femmes de ne pas se voir comme des femmes dans le monde professionnel, mais bien comme des professionnels dans le monde professionnel.

Votre dernière étude sur le portrait des femmes dirigeantes en 2018 démontre que les femmes sont toujours sous représentées dans les fonctions de gérance et de présidence d’entreprise, et de façon très marquée dans les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) et les Grandes Entreprises. Comment l’expliquez-vous ?

Pour ce qui est des ETI ou des grandes entreprises, ce n’est pas à 30 ans ou 40 ans que l’on postule à ces postes et donc, nous sommes encore tributaires de la représentation des femmes dans le milieu professionnel héritée du XXème siècle.

Toutefois, lorsque l’on observe les entreprises selon leur ancienneté, nous constatons que plus la société est récente, plus le taux de féminisation est élevé. Ces chiffres démontrent à quel point les nouvelles entreprises font plus naturellement appel aux femmes pour des postes de présidence ou de direction au sens de dirigeant statutaire, ce qui est très encourageant.

Au sein d’Ellisphere, la parité et l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes sont-elles aujourd’hui satisfaisantes ? Et si oui, comment y êtes-vous arrivés ?

Pour ce qui est des effectifs, nous sommes très proches de la parité.

Quant à l’égalité salariale, nous menons depuis plusieurs années des actions spécifiques pour revaloriser le revenu des femmes, si tant est qu’il y ait des écarts avec leurs homologues masculins. Nous organisons spécifiquement des négociations avec nos partenaires sociaux afin d’augmenter la part qui serait allouée à la revalorisation du salaire des femmes et gommer les écarts lorsqu’ils existent.

Êtes-vous en faveur de la discrimination positive au sein de l’entreprise ?

Non, à ce jour, ce n’est pas ma posture. Lorsque j’observe notre dernière étude, je constate que nous sommes passés de 21% à 28% de taux de féminisation des fonctions de dirigeant. Je note également le mouvement qui se produit au sein des entreprises récentes qui font de plus en plus appel aux femmes. Il existe aujourd’hui au niveau de toutes les entreprises, des obligations et des mesures incitatives en termes de rémunération et de traitement : le mouvement est en marche.

Cependant, nous ne pouvons restreindre le sujet à l’entreprise puisque sa représentation, son organisation, résultent elles-mêmes de l’éducation des hommes et des femmes. Il faut donc agir en amont et en profondeur. En ce sens l’éducation est la pierre angulaire de la valorisation des compétences indifféremment du genre.

Je suis assez optimiste sur la question lorsque je vois le chemin parcouru. Rappelons-nous que ce n’est qu’en juillet 1965 que le parlement votait la loi accordant aux femmes le droit d’ouvrir un compte bancaire ou de travailler sans le consentement de leur mari. Les progrès sont considérables en un peu plus de 50 ans ; il faut bien entendu continuer dans ce sens et accélérer.

Enfin, j’ajouterais que l’accès à des postes à responsabilités dépend de l’ambition de chacun, homme ou femme. C’est une posture tout à fait personnelle, certaines femmes sont très carriéristes et ambitieuses, d’autres le sont moins et privilégient leur vie privée par rapport à leur vie professionnelle. Il en va de même pour nos collègues masculins.

Si vous deviez retenir un facteur clef de réussite pour accéder à un poste de dirigeant en tant que femme ? Quels conseils donneriez-vous à vos homologues féminines qui souhaiteraient briguer un poste de direction dans une entreprise ?

La clé du succès est de ne pas se voir comme une femme dans l’entreprise mais comme un collaborateur qui a de la valeur, des compétences et des convictions à faire valoir.

J’ai évolué dans un univers assez masculin et, au cours de mes 25 ans de carrière, je ne me suis jamais vue comme une femme au milieu d’hommes. Je me suis toujours projetée dans la fonction que j’occupais et pris la parole en suivant mes arguments, sans jamais me rattacher à cette différence de genre par rapport à mes interlocuteurs.

J’incite donc les femmes à ne pas chercher à comprendre si le fait d’être une femme les freine, mais bien à se considérer comme des professionnels à part entière. Je leur conseille aussi de ne pas se sentir en position d’infériorité, de ne pas entrer dans une relation de dépendance vis-à-vis de leurs collègues masculins et de ne pas se conforter dans la victimisation.

Bien entendu, certaines postures masculines sont parfois inappropriées et dégradantes, ce qui complique la capacité à se sentir à la hauteur. Il faut combattre ces attaques genrées, ne jamais laisser faire ; ces comportements n’ont pas leur place dans le milieu professionnel tout comme au sein de la société.

Pour recevoir l’étude d’Ellisphere sur Les femmes dirigeantes  pole_statistiques_economiques@ellisphere.com


Bio

Valérie Attia  débute sa carrière au bureau de Paris de Mercer Management Consulting (Oliver Wyman). En 1996, elle rejoint le groupe PagesJaunes dont elle pilote l’ensemble des projets de croissance et de transformation jusqu’à son introduction en bourse en 2004. Puis, elle s’attèle au développement du renseignement téléphonique (118 008) et du mobile. Depuis 2014, elle dirige Ellisphere, prestataire sur le marché de l’information décisionnelle auprès des entreprises ; elle milite auprès des institutions pour une certaine éthique de l’information au service des entreprises, notamment au nom de la Figec dont Ellisphere est l’un des membres fondateurs. Elle est aussi engagée depuis plusieurs années auprès d’Ashoka, organisation à but non lucratif, laïque et apolitique, dont la vocation est d’accompagner les entrepreneurs sociaux dans le développement de leurs projets. Valérie Attia est ingénieure de formation et diplômée d’HEC.

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