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Dans le cadre de son étude sur les femmes dirigeantes, Ellisphere recueille les propos et l’analyse de Max Jammot, responsable du pôle d’études économiques d’Ellisphere.

L’étude réalisée analyse le lien potentiel entre le fait qu’une structure soit dirigée par une femme et la pérennité et les performances de celle-ci. Quel est l’objectif de cette étude ?

Il est important, en premier lieu, de se remémorer la loi du 27 janvier 2011 relative à l’égalité professionnelle et à la représentation équilibrée des femmes et des hommes, au sein des conseils d’administration et de surveillance. Cette loi, dite loi Copé-Zimmermann, a instauré une logique de quotas, avec pour objectif d’obliger les entreprises à intégrer au minimum 40% de femmes au sein des conseils d’administration. Avec la mise en lumière des inégalités structurelles dont les femmes ont souvent été victimes, cette loi a marqué un tournant au sein des entreprises. De nombreuses études ont ainsi suivi, sur l’impact en termes de business, de diversification des équipes et de gouvernance des entreprises. On peut notamment évoquer des études réalisées annuellement par McKinsey & Co. Déjà en 2011, il y était mentionné que les entreprises qui étaient financièrement les plus performantes, étaient celles qui présentaient plus d’un tiers de femmes dans leurs comités de direction et conseils d’administration. En résumé, de nombreuses études ont déjà été effectuées, avec toutes globalement un point commun : l’emploi du conditionnel en termes d’impact réel et avéré. Celle que nous venons de réaliser, a pour singularité de s’attacher à estimer si, à périmètre constant, le genre des dirigeants influe ou non sur la performance des entreprises.

 

Suite aux résultats de l’étude, peut-on en déduire que les femmes gèrent mieux une société quelle que soit sa taille ?

En préambule, la question est posée de savoir si la performance des entreprises a un genre. Et là je réponds « non ». Toutefois, il est clair que certains résultats interrogent. Les femmes seraient-elles plus prudentes que les hommes dans la gestion budgétaire et la conduite de leur entreprise ? Peut-être… Mais de là à dire que cette prudence équivaut à une meilleure gestion, ce serait un peu court. Une gestion plus sécurisée de l’entreprise ne peut être que salutaire… En même temps, qui dit moins de prises de risque, peut dire aussi parfois moins d’investissements et donc peut-être moins de croissance à la clef. Impossible par conséquent de tirer de grands principes ; l’étude au cas par cas s’impose.

 

Les chiffres de l’étude relèvent-ils une différence du taux de survie entre les entreprises dirigées par des femmes et celle dirigées par des hommes ?

Près de 52 % des entreprises créées en 2011 sont toujours actives à fin 2017 avec un léger avantage du taux de survie au profit des entreprises dirigées par des hommes, 52,2 % contre 50,7 % côté femmes. En matière de survie de l’entreprise, le choix de la forme juridique d’exploitation modifie peu la donne. Pour les entreprises individuelles, le ratio est quasi équivalent entre les deux sexes, 50,5 % contre 50,3 %, mais apparaît plus important dans les sociétés commerciales avec 51,4 % de survie pour les entreprises dirigées par des femmes contre 55,5 % chez leurs homologues masculins. Ce sont les disparitions d’entreprise consécutives à une procédure collective qui marquent une différence plus nette. Les entreprises dirigées par les femmes font ainsi moins défaut que celles dirigées par les hommes, 4,2 % de liquidations judiciaires contre 6,8 %.

 

Comment interpréter le fait que les entreprises dirigées par les femmes présentent un taux de rentabilité nette moyen supérieur à celui des hommes ?

Il est somme toute difficile de prouver le lien de cause à effet… Néanmoins, à titre personnel, je reviendrai sur le fait que la gestion des femmes apparaît moins risquée, plus raisonnée et donc peut-être plus « optimale »… D’ailleurs MSCI, en 2015, avançait le fait que les entreprises dirigées par les femmes résistaient mieux aux aléas économiques et autres crises, d’où une rentabilité supérieure.

 

Pourquoi est-ce si difficile en France, en tant que femme, d’accéder à des postes à responsabilités ?

Depuis longtemps, les statistiques mettent en évidence une sur-représentation des hommes dans les fonctions de présidence. Malheureusement, dans le meilleur des cas, les femmes n’accèdent qu’aux fonctions de vice-présidente ou de co-présidente, et encore avec toujours énormément de difficultés. Tant au stade du recrutement que dans la gestion des carrières, de nombreux stéréotypes persistent confinant les femmes dans des missions et fonctions subalternes. Cet état de fait est vraiment dommageable. Une meilleure mixité au sein des comités de direction et conseils d’administration ne peut être que salutaire aux personnes, aux entreprises et à l’économie en général. Afin de lutter efficacement contre les stéréotypes, l’éducation en amont, puis la sensibilisation particulièrement dans le monde de l’entreprise, restent probablement les meilleurs moyens de faire bouger les lignes.

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