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À l’occasion d’un entretien avec Thierry Bès, directeur de la communication externe d’Ellisphere, Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’OFCE (l’Observatoire français des conjonctures économiques) aborde l’économie mondiale en constante mutation, les risques et opportunités de la mondialisation, ses effets directs sur les entreprises, l’emploi, les ménages en France et dans le monde.

Quelle est la situation mondiale actuelle ?

Depuis début 2017, on s’aperçoit que des pays émergents qui étaient en récession en sortent enfin, comme le Brésil ou la Russie. Les pays développés connaissent une croissance plus dynamique, notamment tirée par les États-Unis qui en redeviennent la locomotive. Dans ce contexte de croissance économique, la zone Euro connaît, elle aussi, une accélération.

La croissance économique mondiale est dynamique et tourne au-delà de 3,5%, niveau jamais observé depuis le début de la crise. Néanmoins, il est important de rester vigilant. Les statistiques datent du début d’année et nous avons un certain nombre d’incertitudes liées notamment à l’entrée en « guerre commerciale » du président des États-Unis, Donald Trump. Ce type d’incertitude n’est jamais propice à une bonne croissance économique. Notons d’ailleurs que la croissance mondiale s’est légèrement infléchie sur la période récente. Sa composition par zone géographique s’est également quelque peu modifiée : la croissance s’est affermie aux États-Unis, elle a fléchi légèrement en Europe et au Japon, plus fortement pour certains pays émergents. Ce freinage reflète un environnement international devenu moins favorable depuis l’été 2017, avec la hausse des prix du pétrole, l’appréciation de l’euro et l’accroissement des incertitudes commerciales et politiques.

Portés par ce climat favorable, les pays développés pourront-ils répondre à cette demande de production supplémentaire ?

Des pays développés comme l’Allemagne et les États-Unis semblent déjà avoir atteint la pleine utilisation de leur capacité de production, et pourraient rencontrer des difficultés à répondre à cette hausse de la demande. Les entreprises de ces pays sont-elles prêtes à embaucher sans forte augmentation des salaires et investir pour y répondre ? C’est la grande question ! Les autres pays semblent disposer de marges de capacité de production inutilisées et pourraient répondre à cette demande supplémentaire à l’horizon de deux ans.

En conséquence, quel serait l’impact pour l’emploi ?

Aujourd’hui, les chiffres des créations d’emplois sont bons, que ce soit pour l’ensemble des pays développés mais aussi pour la France. En 2017, la France a dépassé les 300 000 créations en rythme annuel, une performance inédite depuis 10 ans… Toutefois, pour 2018, les créations d’emplois devraient être légèrement inférieures à 2017 et suivre la décélération de l’activité. Par ailleurs, un certain nombre de dispositifs comme le CICE ou le pacte de responsabilité qui ont été mis en place pour créer un peu plus d’emplois, disparaissent ou leurs effets s’atténuent. Nous devrions observer en France, ainsi que dans les autres pays, un peu moins de créations d’emplois et donc, une baisse du chômage moins marquée que lors des précédents trimestres.

En France, les entreprises éprouvent-elles toujours des difficultés à recruter ?

Actuellement, dans l’hexagone, les problèmes liés au recrutement inquiètent. Un grand nombre de chefs d’entreprise déclarent avoir beaucoup plus de difficultés à recruter aujourd’hui qu’il y a un an ou deux. Cette situation pourrait casser le rebond économique et les créations d’emplois que l’on observe à ce jour en France.

Pour autant, difficulté de recrutement ne signifie pas une impossibilité de recrutement. Les entreprises ont plus de difficultés à recruter, elles mettent plus de temps mais les recrutements se poursuivent à des rythmes, certes inférieurs, mais toutefois dynamiques. Il faut relativiser les difficultés de recrutement compte tenu du fait que le jour où les entreprises seront vraiment dans l’impossibilité de recruter, on observera une forte hausse des salaires. Les recruteurs se verront dans l’obligation de proposer des salaires beaucoup plus élevés pour continuer à attirer les salariés chez eux, ce qui n’est pas le cas actuellement. On observe sur le plan mondial, et spécialement en France, une très faible progression des salaires au cours de l’année 2017.

L’explosion des inégalités dans le monde devient difficilement soutenable. Quels sont les grands perdants et gagnants de la mondialisation ?

Aujourd’hui, ce qui inquiète le plus les économistes, notamment dans les pays anglo-saxons, c’est la montée des inégalités. Dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, qui d’un point de vue macro-économique se portent bien, vous avez un taux de chômage extrêmement faible et des performances économiques élevées. Toutefois, ces richesses ne sont pas redistribuées de façon homogène, et on observe une montée du sentiment de déclassement lié à ces inégalités, qui expliquent notamment des événements politiques comme le Brexit ou encore l’élection de Donald Trump.

Un nombre croissant d’études démontre que la montée des inégalités va freiner la croissance économique de demain, ou la rendra instable car pour limiter ces inégalités, on va aller endetter les ménages modestes ou on va demander à des banques centrales d’injecter beaucoup de liquidités. Cela provoque des bulles économiques comme les subprimes. Et quand ces bulles explosent, tout ce que vous avez pu gagner, vous en perdez au minimum le double au moment des récessions. Les inégalités doivent donc être prises au sérieux, pour avoir une croissance économique plus soutenable à long terme.

Quelle serait l’évolution du pouvoir d’achat en France en 2018 et en 2019 ?

En moyenne, le pouvoir d’achat va progresser en 2018 et même s’accélérer en 2019.

Aujourd’hui, le gouvernement, par son calendrier fiscal, va énormément impacter le pouvoir d’achat des ménages. Certaines mesures vont profiter directement aux citoyens les plus aisés ou les plus modestes. Si macro-économiquement, il y a une hausse du pouvoir d’achat, certaines personnes qui se situent notamment dans les classes moyennes, vont assister à très court terme à une légère baisse de leur pouvoir d’achat liée par exemple à la hausse de la fiscalité écologique, du prix tabac ou du diesel… Et petit à petit, au cours de l’année, ils verront leur pouvoir d’achat augmenter de nouveau grâce à la montée en charge de certaines mesures comme la taxe d’habitation ou la baisse des cotisations.

D’un point de vue macro-économique, il va y avoir une amélioration du pouvoir d’achat, mais quand on l’observe par déciles de revenus, des 10% les plus riches aux 10% les plus modestes, il y aura des variations différenciées selon la catégorie de revenu.

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