LA REVUE ELLISPHERE

Au programme cette semaine !

La France : mauvais élève en Europe en matière de délais de paiement

Open data : une révolution silencieuse dans l'administration

"La reprise sera forte, voire très forte au second semestre" Benoît Coeuré

LA FRANCE : MAUVAIS ELEVE EN EUROPE EN MATIERE DE DELAIS DE PAIEMENT

Une bonne nouvelle pour commencer, la France est mauvaise, mais pas la plus mauvaise. Une constante en somme. Même si celle-ci ne fait pas partie des plus mauvais payeurs en Europe, elle appartient au club fermé des pays aux mauvaises pratiques et qui ont besoin d’être encadrés. Or, ces pratiques sont la première cause de disparition des TPE et PME selon PWC. Ceci étant dit, il faut avouer que les PME sont, elles aussi, devenues mauvais payeurs à l’occasion de la crise du Covid. Ainsi, « les délais de règlement des factures dues par les PME se sont allongés, passant de 10 jours environ au-delà du délai légal à la fin 2019 à 18,6 jours en moyenne fin 2020. Ce retard n’a pas été réduit depuis » explique le cabinet ARC dans Les Echos.

Il n’y a pas qu’en France, loin de là, que l’on aimerait bien voir les délais de paiement changer. Dans une étude lancée par la société de gestion de crédit Intrum en 2021, la France se situe même très en deçà de la moyenne pour la réponse à la question : « Voudriez-vous qu’on introduise une nouvelle législation pour résoudre le problèmes des délais paiement » ?

"LA REPRISE SERA FORTE, VOIRE TRES FORTE AU SECOND SEMESTRE" -BENOIT COEURE

LA TRIBUNE- Le Premier ministre Jean Castex vous a confié la responsabilité du comité d'évaluation du plan de relance. Quelle est votre mission précisément ? BENOIT COEURE - Le défi du comité réside principalement dans le montant et le champ des mesures avec la compétitivité, la transition écologique et la cohésion sociale. L'un des enjeux est de définir la méthode et les mesures à évaluer. Le comité a décidé d'adopter une approche en deux temps. Dans un premier temps, le comité examinera « in itinere » la mise en œuvre de cinq mesures en vue d'un premier rapport fin octobre 2021. L'enjeu est de vérifier que le plan démarre sur de bonnes bases. Ces cinq mesures sont : le dispositif "un jeune, une solution", MaPrimeRenov, la rénovation des bâtiments publics, le soutien aux investissements industriels et l'industrie du futur. Ce sont des dispositifs symboliques du plan de relance et de ses trois dimensions - compétitivité, cohésion sociale et écologie. Dans un deuxième temps, le comité mesurera l'impact de 10 à 15 dispositifs sur l'emploi, la compétitivité et le climat en faisant appel à des évaluations indépendantes. Cela prendra évidemment plus de temps.

Le plan de relance européen vous paraît-il à la hauteur de la crise et des enjeux de l'économie post-covid ? Le plan de relance européen marque une innovation par sa taille et sa méthode avec l'émission d'obligations européennes, et une concertation étroite entre la Commission et les Etats membres, notamment sur les réformes qui viennent en soutien aux investissements. Le plan est-il suffisant ? A court terme, je crois que oui. La reprise sera forte, voire très forte au second semestre. L'enjeu maintenant est plutôt de pérenniser son impact à long terme et d'éviter qu'il ne soit qu'un feu de paille.

OPEN DATA : UNE REVOLUTION SILENCIEUSE DANS L'ADMINISTRATION

« J'ai pris une gifle » Parole d'un fonctionnaire de l'Etat, statisticien, impressionné par le succès phénoménal de CovidTracker. Il a suffi de quelques outils grand public et de bonnes volontés connectées pour qu'un site de datavisualisation créé en mars 2020 par un particulier, Guillaume Rozier , séduise le pays. Après avoir conçu le baromètre de l'épidémie, avec des cartes et des courbes colorées, faciles à comprendre et mises à jour en temps réel, le jeune ingénieur a réédité l'exploit en lançant une « appli » de prise de rendez-vous de vaccination, ViteMaDose . Il s'attaque à présent aux données électorales. Emmanuel Macron a salué son travail et Olivier Véran lui parle régulièrement. Le phénomène Guillaume Rozier va-t-il être le déclic pour l'open data en France ? Cela fait dix ans que la mission ministérielle Etalab répand la bonne parole auprès des administrations, de leurs agences et des entreprises exerçant des missions d'intérêt général. Et cinq ans que la loi Lemaire a posé le principe de l'ouverture par défaut des données publiques à titre gratuit.

Mais le grand manitou de la politique de la donnée, dans ce gouvernement, c'est Amélie de Montchalin, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. « L'open data est un vrai outil d'accélération des politiques publiques. Il faut que les ministres se parlent entre eux, que les données des uns soient réutilisées par les autres pour plus d'efficacité », souhaite-t-elle. Le projet de loi « 4D » sur les territoires, examiné au Sénat en juillet, sera à cet égard « un changement de paradigme majeur », selon la ministre, car la circulation de données entre acteurs publics sera autorisée par défaut « dans le bénéfice de l'usager ». En revanche, le gouvernement n'a pas obtenu le feu vert de la CNIL pour étendre cette règle aux usages purement internes à l'administration.

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