Les retards atteignent 16,84 jours en moyenne à fin septembre, contre 15,25 jours fin juin, mais restent inférieurs à leur niveau de 2025
· Une hausse de 10,4 % des retards moyens au troisième trimestre, après une amélioration au premier semestre.
· 71,5 % des factures des TPE sont réglées à échéance, contre seulement 33,8 % pour les grandes entreprises.
· 37,39 jours de retard moyen dans les hôpitaux publics, près de trois fois plus que dans le privé.
· L’hébergement-restauration reste le secteur le plus en difficulté, avec 19,47 jours de retard moyen.
À l’occasion des Assises nationales des délais de paiement et des financements, qui se sont tenues vendredi 16 octobre, ELLISPHERE, spécialiste de l’analyse et de l’exploitation de l’information économique, a présenté ses dernières données sur les comportements de paiement des entreprises françaises.
Son étude du troisième trimestre 2026 confirme la dégradation amorcée cet été. Après une amélioration sensible au premier semestre, le retard moyen de paiement est passé de 15,25 jours fin juin à 16,54 jours fin juillet, puis à 16,84 jours à fin septembre. Il demeure toutefois inférieur aux 18,08 jours enregistrés un an auparavant.
Cette évolution intervient dans un contexte économique toujours incertain, marqué par des tensions persistantes sur les trésoreries. Elle masque également de fortes disparités entre catégories d’entreprises et secteurs d’activité, particulièrement préoccupantes dans les établissements hospitaliers publics.
La remontée des retards observée en juillet se confirme
Les comportements de paiement des entreprises françaises s’étaient nettement améliorés au premier semestre 2026. Le retard moyen avait reculé à 15,33 jours fin mars, puis à 15,25 jours fin juin.
Mais cette tendance s’est inversée pendant l’été. Dès juillet, ELLISPHERE relevait une hausse de 8,5 % du retard moyen en un mois, à 16,54 jours. À fin septembre, celui-ci atteint 16,84 jours, soit une progression de 10,4 % par rapport à fin juin.
La situation reste néanmoins meilleure qu’un an auparavant : le retard moyen recule de 6,9 % par rapport au troisième trimestre 2025.
Dans le même temps, la proportion de factures réglées à échéance continue de progresser dans la plupart des catégories d’entreprises. Davantage de factures sont donc payées à temps, mais le retard moyen reste un sujet de vigilance.
Cette évolution intervient alors que les défaillances d’entreprises demeurent à un niveau historiquement élevé. Selon les dernières prévisions d'ELLISPHERE, leur nombre pourrait atteindre 85 000 à fin 2026, et ce rythme soutenu devrait se prolonger au moins jusqu'au premier semestre 2027. Dans ce contexte, la dégradation progressive des comportements de paiement constitue un signal de vigilance supplémentaire sur la santé financière des entreprises.
TPE et grandes entreprises : des comportements toujours très contrastés
Les écarts entre catégories d’entreprises restent considérables. Les TPE confirment leur position de meilleures payeuses, avec 71,48 % de leurs factures réglées à échéance. Les PME poursuivent également leurs progrès : 44,23 % de leurs factures sont désormais payées dans les délais, soit une progression de deux points.
À l’inverse, les grandes entreprises ne règlent que 33,78 % de leurs factures à échéance, et les ETI seulement 26,62 %. Les grandes entreprises marquent par ailleurs le pas au troisième trimestre, après une nette amélioration au premier semestre.
Ces différences illustrent la persistance de déséquilibres dans les relations commerciales. Pour les entreprises de petite taille, qui disposent généralement de marges de manœuvre financières plus limitées, les retards de règlement de leurs clients peuvent rapidement fragiliser leur trésorerie.
Hôpitaux publics : des retards de paiement près de trois fois supérieurs à ceux du privé
L’étude d’ELLISPHERE met en évidence une situation particulièrement préoccupante dans le secteur hospitalier.
Globalement, les comportements de paiement du secteur « Santé humaine et action sociale » se sont nettement améliorés, avec un recul de 17,7 % du retard moyen sur un an, à 19,16 jours fin septembre 2026, son niveau le plus bas depuis deux ans et demi.
Mais cette amélioration masque des disparités majeures entre établissements hospitaliers publics et privés. Les hôpitaux publics affichent un retard moyen de paiement de 37,39 jours, contre 13,24 jours dans les établissements privés, soit un écart de plus de 24 jours.
La proportion de factures réglées avec un retard de 60 jours ou plus est également très supérieure dans le public : 23 %, contre 11 % dans le privé.
Au-delà des lourdeurs administratives, les contraintes budgétaires des hôpitaux publics expliquent en grande partie ces difficultés. Certains établissements sont ainsi conduits à hiérarchiser leurs règlements en fonction du caractère stratégique de leurs fournisseurs.
« Ces chiffres sont des moyennes qui peuvent masquer des situations beaucoup plus difficiles. Un retard moyen de 37 jours dans les hôpitaux publics signifie que certains fournisseurs attendent bien davantage avant d’être réglés. Or, pour une PME ou une TPE, ces retards peuvent avoir des conséquences importantes sur la trésorerie. Les progrès enregistrés depuis un an ne doivent donc pas faire oublier les fortes disparités qui persistent entre entreprises et entre secteurs », souligne Mikaël Delaporte, responsable du pôle Expériences de paiement d’ELLISPHERE.
L’hébergement-restauration reste le secteur le plus en difficulté
Les comportements de paiement restent également très contrastés selon les secteurs d’activité. L’hébergement-restauration affiche le retard moyen le plus élevé, à 19,47 jours, devant la santé humaine et l’action sociale (19,16 jours) et les arts, spectacles et activités récréatives (18,96 jours).
Le secteur connaît une dégradation progressive de ses comportements de paiement, avec une hausse de 2,26 % de son retard moyen sur un an et de 4,62 % au troisième trimestre.
