Quelle situation pour les défaillances d'entreprise au T1 2023 ?
Structurellement, les entreprises défaillantes sont des sociétés commerciales à 85 %, soit une hausse de +54,4 % pour cette famille sur un an.
De nouveaux nuages à l’horizon
Aux difficultés conjoncturelles déjà observées, s’ajoutent désormais les soubresauts du secteur bancaire illustrés par la hausse des taux d’intérêts directeurs avec le risque de resserrement d’octroi des crédits tant pour les particuliers que pour les professionnels.
Pour les particuliers, ces hausses se répercutent déjà avec une importante plongée des crédits dans le secteur immobilier et à la consommation. Pour les entreprises, la hausse des taux d’intérêts pourrait peser à terme sur le poids de la dette et l’investissement.
Autre point d’inquiétude, le faible niveau de croissance à venir dans un contexte d’inflation selon le FMI qui ne table que sur 2,8 % de croissance du PIB mondial en 2023.
Doublement des défaillances sur un an, atteignant le niveau du dernier trimestre 2019
A fin mars 2023, sur 12 mois glissants, le nombre de défaillances en France métropolitaine (ouvertures de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire directe) a progressé de + 50,4 % pour s’élever à près de 44 800 procédures.
Comparé à 2019, le différentiel en année pleine n’est plus que de 5 300 procédures (-10,5 %). Sur le premier trimestre 2023, le nombre de procédures en cumul est désormais au même niveau, environ 14 100.
Pour les sauvegardes, les plafonds sont d’ores et déjà dépassés. Avec plus de 1 200 procédures ouvertes sur les 12 derniers mois, soit + 58 % sur un an, nous sommes revenus au niveau de 2017.
Aucun secteur épargné
L’ensemble des secteurs d’activité est touché par cette progression de la sinistralité. Sur les 12 derniers, 53,6 % des défaillances visent des entreprises du BTP, des Services aux particuliers ou aux entreprises. Le secteur Agroalimentaire souffre également, avec une hausse de +96 % du nombre de ses défaillances, notamment pour les Boulangeries (+ 104 %), sous la flambée du prix des matières premières, de l’emballage et de l’énergie.
Parmi les autres secteurs d’activité touchés avec des + de 70 % d’augmentation, se placent les Services aux particuliers et plus spécifiquement les entreprises du Tourisme (+86,4 % de défaillances), notamment de la Restauration qu’elle soit traditionnelle ou rapide. Viennent ensuite les Services financiers et les Biens d’équipements du foyer. Ces deux dernières activités sont rattrapées par les arbitrages de consommation des ménages ou le durcissement des conditions d’octroi de crédits.
Des régions métropolitaines fortement impactées
En région, pour les défaillances, 55,1 % des procédures se concentrent en Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Occitanie.
Pour les sauvegardes, 51,8 % des jugements sont enregistrés en Auvergne-Rhône-Alpes, Ile-de-France, Nouvelle-Aquitaine et PACA.
D’importantes évolutions frappent certaines régions. Ainsi, le nombre de redressements et liquidations judiciaires augmente de plus de +60 % en Occitanie, Hauts-de-France, Bretagne et Centre-Val-de-Loire. Dans ces régions, les défaillances d’entreprises pèsent particulièrement sur les activités restaurants et cafés, boulangeries ainsi que la construction.
Evolutions plus favorables sur les DROM
Dans les Départements et Régions d’Outre-mer, les procédures collectives évoluent différemment. Les procédures de redressement et liquidation judiciaires y sont reparties à la hausse dès 2021, pour s’établir à un peu moins de 1 300 entités concernées à fin mars 2023.
Toutefois, l’évolution reste limitée à +17 % sur les 12 derniers mois et demeure à -17 % du niveau de 2019. Pour l’heure, sur le 1er trimestre 2023, le nombre de défaillances est à -15,2 % du 1er trimestre 2019.
Coté sauvegardes, en revanche, la tendance est à la décrue depuis 2022 mais nous sommes toujours à un niveau supérieur à 2019 (+ 25,6 %).
"La globalité des secteurs d’activité est concernée par la hausse du nombre de défaillances en métropole. Le constat est identique à l’échelle mondiale avec néanmoins trois secteurs plus représentés que d’autres ; à savoir la distribution, la construction et les services touchés de plein fouet par le contexte inflationniste. "
— Max Jammot, Responsable du pôle d’études économiques chez Ellisphere
Télécharger dès maintenant notre étude complète.
Notre pôle économique décrypte chaque mois l’actualité des secteurs économique et vous livre ses enseignements.
DSO interne et DPO client : des indicateurs à prendre en compte dans la gestion du poste client
Risk management
En credit management le DSO « interne » à l’entreprise est un indicateur utile de suivi de recouvrement des créances et d'amélioration de la trésorerie. Tandis que le DPO « client » est un signal de comportement de paiement permettant de savoir si son client honore ses factures dans les temps.
Article
Transport routier de marchandise : une hausse des défaillances significative
Risk management
5 questions à Franck Paquotte chargé d'études économique chez Ellisphere qui nous livre les chiffres du secteur Transport routier de marchandises.
Article
Quelles tendances de la gestion des données en 2023 ?
Risk management
En 2023, la gestion des données occupe une place centrale dans les stratégies des organisations, quels que soient leur taille ou leur secteur d'activité. Avec l'évolution rapide de la technologie et l'explosion des volumes de données, les entreprises reconnaissent de plus en plus la valeur des données en tant que ressource stratégique.